Bénédicte Tauran et Nina Uhari interprètent les Amazones

le recital appele les amazones s'articule autour des femmes compositrices du XIXème siècle de langue française.

Les artistes et interprètes :

 

Après des études musicales au Conservatoire de Limoges, sa ville natale, Bénédicte Tauran
poursuit sa formation instrumentale à la Schola Cantorum de Bâle et vocale au Conservatoire de
Neuchâtel. Elle vit depuis maintenant 16 ans à Delémont.
Sa voix ductile et son éclectisme lui permettent d’aborder des rôles tels que Susanna (Nozze di Figaro), Armida (Rinaldo), Mélisande, Clairette (La Fille de Madame Angot), Gilda, Rosina, Gretel, Pamina, Norina et Arminda (La Finta Giardiniera), Wanda (La Grande Duchesse de Gerolstein), Zerlina, Jacqueline (Fortunio)… Elle s’est produite au Theater an der Wien, aux opéras de Genève, Lausanne, Fribourg, Kassel, Rennes, Potsdam…Bénédicte Tauran s’illustre également dans le répertoire sacré et le récital.
Elle collabore avec de grands chefs tels que Bertrand de Billy, Christophe Rousset, Nello Santi, Facundo Agudin…. et metteurs en scène tel que Laurent Pelly, Robert Carsen, Christoph Loy, …). Bénédicte Tauran est lauréate de plusieurs bourses et prix internationaux: Genève 2003, Salzburg 2006, Lausanne 2008, Bourse Colette Mosetti et Ernst-Göhner.

Née en Finlande, Nina Uhari effectue ses études professionnelles de piano à l’Académie Sibelius
d’Helsinki, dans la classe de piano de Matti Raekallio et de Eero Heinonen, avant de se perfectionner à Baltimore (USA) avec Julian Martin, puis à Paris avec Bernard Ringeissen. Elle entreprend également des études d’accompagnement au Conservatoire National de Région de Rueil-Malmaison.
Suite à ses études elle travaille comme chef de chant au CNIPAL (Centre National d’Insertion pour des Artistes Lyriques) à Marseille de 2003 à 2012, où elle devient chef de chant principal en 2008.
Parallèlement elle est titulaire de la classe de rôle à l’Ecole Normale de Musique de Paris.
En septembre 2012 Nina Uhari est engagée à la HEM de Genève en tant que chef de chant pour des classes de chant sur les sites de Neuchâtel et de Genève.
Elle a eu l’occasion de se produire en récitals et en productions d'opéra en Finlande et en France -
Festival de MIDEM, Chorégies d'Orange, Théâtre du Châtelet, Festival de Radio France et Montpellier, Festival d'Aix en Provence et aux plusieurs maisons d'Opéras françaises- mais aussi en Allemagne, en Autriche, en Espagne, en Colombie, au Togo et aux USA. Elle a été invitée pour accompagner des master classes des artistes comme Tom Krause, Yvonne Minton, Mady Mesplé, Regina Werner et Janine Reiss.

Le programme des « Amazones » s’ancre autour de six d’entre elles:
Cécile Chaminade, Sophie Gail, Marie Jaëll, Mel Bonis, Poldowski et Pauline Viardot.
Le destin de ces femmes compositrices est tout à fait hors norme pour leur époque. Mise à part Mel Bonis, il semble que les bonnes fées se sont données rendez-vous pour Cécile Chaminade, Sophie Gail, Marie Jaëll et Pauline Viardot. En effet, elles eurent toutes une famille, un entourage bienveillant qui les poussèrent à fructifier leur talent et la reconnaissance de leur pair.

Cécile Chaminade (1857-1944), née dans une famille aisée qui l’encouragea beaucoup dans ses études, jouit de son vivant d’un grand succès, tant au niveau pianistique que par la production de ses oeuvres. Cécile Chaminade a été une concertiste appréciée particulièrement en France et en Angleterre. Couronnée de lauriers aussi puisqu’elle reçut la Légion d’honneur. Elle a laissé quelques 150 mélodies dans un style de salon, très prisé à cette époque.

Pauline Viardot (1821-1910) est la fille du ténor espagnol Manuel Garcia et soeur de la Malibran, célèbre cantatrice, décédée en pleine gloire à l’âge de 28 ans. Elle étudie d’abord le piano et devient cantatrice. Elle a une vie de famille heureuse; ses enfants mèneront aussi une carrière artistique: son fils Paul comme violoniste, sa fille Louise Héritte-Viardot, comme compositrice et écrivain et ses deux autres filles comme cantatrices. Ayant renoncé à la scène en 1863, elle se consacre alors à la composition et à l’enseignement du chant.

Marie Jaëll (1846-1925), pianiste virtuose, compositrice reconnue et appréciée de son temps, elle se consacra aussi de manière originale à l'étude de la technique pianistique. Mettant l'accent sur l'importance du développement des facultés mentales et des capacités auditives et visuelles du musicien, elle proposa une méthode d'enseignement du piano toujours pratiquée: Le toucher. Enseignement du piano basé sur la physiologie (1899). Elle a laissé près d'une dizaine d'ouvrages qui précisent et détaillent sa pensée.

Poldowski (Bruxelles, 16 mai 1879-Londres, 28 janvier 1932) est le pseudonyme professionnel d'une compositrice et pianiste britannique d'origine polono-britannique, née Régine Wieniawski, fille du violoniste et compositeur polonais, Henryk Wieniawski. 
Certains de ses ouvrages ont été publiés sous le nom d'Irène Wieniawska. Elle a épousé Sir Aubrey Dean Paul, 5e baronnet (1869–1961), devenant Dame Dean Paul. Poldowski était une talentueuse compositrice de mélodies, influencée fortement par Debussy mais aussi Ravel et Fauré.

Avec Sophie Gail (1775-1819), faisons un bond en arrière dans le temps. Née peu avant la Révolution d’un père médecin, amis de nombreux artistes et gens de lettres, elle prit de bonne heure le goût des Arts et fût elle aussi encouragée à développer ses dons.
La Révolution l’ayant laissé dans une situation financière précaire, elle prit la résolution de sillonner la France et l’Espagne pour donner des récitals. Après avoir contracté un mariage qui ne fût pas heureux et aboutit à une séparation, elle s’installe à Paris où elle reprend sérieusement les études de composition. C’est un succès dès les premières oeuvres, ce qui l’amène à s’essayer au genre de l’opéra. Sa première tentative fut heureuse, car elle produisit les Deux Jaloux, opéra comique qui fut représenté, en 1813, au théâtre de l'Opéra-Comique. C’était le premier de ce genre qu’une femme eût produit. Elle partit pour Londres où elle se fit entendre avec succès comme cantatrice dans le genre de la romance, que nous chanterons pour vous. Après son divorce, Sophie Gail mena une vie très libre et eut ses quatre fils de quatre pères différents.

Pour Mel Bonis (1858-1837), c’est une tout autre histoire…Née au sein d’une famille modeste, elle reçoit une éducation religieuse stricte et ressent, très vite, une grande piété et une grande foi qu'elle conserve toute sa vie. Aussi affronte-t-elle avec courage et détermination les préjugés hostiles pour la vie d'artiste et les moeurs légères que l'on prête aux femmes qui se destinent à une telle carrière. Destinée à être couturière, elle échappe à ce destin grâce à un ami de la famille qui remarque ses aptitudes musicales et l’emmène au Conservatoire de Paris. Après ses diplômes, sa famille lui organise un mariage de convenance, et trois enfants naîtront de cette union. Elle entretiendra en parallèle une liaison de laquelle naîtra une fille dont l’existence demeurera secrète pendant longtemps.En proie au doute et à la culpabilité jusqu'à sa mort, Mel Bonis compose plus que jamais dans les années 1900, sublimant ainsi sa douleur, la transformant en création.Après la mort de son mari survenue le 31 mars 1918, elle invite Madeleine à passer des vacances dans la villa d'Etretat avant de l'accueillir chez elle – au titre de filleule de guerre et sans jamais dévoiler son identité. Édouard, le dernier fils de Mel Bonis, revenu de la guerre, tombe amoureux de Madeleine et veut l'épouser. Mélanie n'a pas d'autre choix que d'avouer, sous le plus absolu secret, la vérité. Mel Bonis laisse une oeuvre importante. Sa musique, de style postromantique, est bien inscrite dans son époque. Elle est très variée, allant du drame à l’humour, souvent vigoureuse et sensuelle, avec des dépaysements impressionnistes ou  orientalistes, toujours très bien écrite et d’une grande sensibilité. C’est une écriture personnelle et aisément identifiable par l’originalité des harmonies et des rythmes.